Depuis maintenant 5 ans, le festival K-Live s’efforce de renforcer le lien qui l’unit à Sète, notamment en faisant en sorte de laisser aux habitants de la ville, ainsi qu’aux touristes, des traces du passage des street-artistes invités années après années. C’est l’addition de ces  œuvres, figées sur les murs de la ville, qui fait de Sète un véritable Musée à Ciel Ouvert.

Tout a commencé en 2008. Lors de cette première édition, le street-artiste phare était L’ATLAS. Fasciné par le travail du trait et de l’écriture, il a étudié la calligraphie arabe traditionnelle. Il s’intéresse tout particulièrement au koufi, écriture géométrique dont il transpose les codes dans l’alphabet latin, créant ainsi sa propre typographie. On retrouve cette écriture labyrinthique, motif récurent de ses œuvres, à Sète, notamment sur la place de l’Hospitalet, dans le Quartier Haut, avec le fameux palindrome « In girum imus nocte et consumimur igni » (photo ci-dessus), en hommage au film de Guy Debord, critique de la société de consommation et d’aliénation capitaliste.

L’année suivante, c’est Patrice POCH qui succède à L’ATLAS en tête d’affiche de K-Live. Depuis ses 14 ans, Patrice gravite dans l’univers punk-rock : Harrington et Doc Martens, guitares saturées et concerts énervés. Il s’inspire fortement de cet univers dans son œuvre, à l’image de ses collages dans la ville de Sète, des personnages à taille réelle en un clin d’oeil à la scène Punk rock de Montpellier et Sète des années 80. Sa trace la plus visible à Sète se trouve dans la grand rue Mario Roustan, sur une ancienne devanture de commerce (Photo ci-dessus).

En 2010, M. CHAT, le street-artiste invité par K-Live a été extrêmement productif. On retrouve ses œuvres un peu partout dans la ville. La création graphique de l’artiste franco-suisse Thoma Vuille est identifiable du premier coup d’œil. Elle consiste en un chat jaune orangé réalisé à la peinture acrylique. Ce personnage énigmatique arbore toujours un énorme sourire. Il est généralement peint sur des murs, à des endroits inaccessibles. Ce n’est pas le cas de celui qu’on peut admirer sur la place de la Mairie, à Sète, en tenue de jouteur (photo ci-dessus). En revanche, on se demande encore comment M. CHAT a pu peindre sur les toits du Grand Hôtel.

En 2011, c’est un des pionniers français du pochoir qui nous a enchanté par sa bonne humeur. EPSYLON POINT, Epsy pour les intimes, un gai luron d’une petite soixantaine d’année, fait partie de la première génération des artistes urbains du début des années 80. Figure de « l’impolitiquement correct », Epsylon Point s’intéresse à des sujets sensibles tels que le monde ouvrier, les conflits mondiaux ou encore les scènes érotiques. A Sète, Epsy a principalement œuvré sur les quais, notamment sur le mur d’entrée du chai Agrocanet – Quai des Moulins, avec un hommage à Pasolini (photo ci-dessus).

Pour la dernière édition en 2012, Christian Guémy, alias C215, pochoiriste mondialement connu, a apporté une autre dimension au MaCO avec ses magnifiques portraits, si réalistes et touchants. C215 est un artiste qui a œuvré dans les rues du monde entier. Très actif dans le milieu des arts urbains depuis 2005, en dirigeant notamment des projets collectifs, C215 s’est recentré sur sa production personnelle à travers la pratique du pochoir dans un style complexe et  immédiatement identifiable. L’œuvre marquante de cette édition est le Penseur de Sète (photo ci-dessus), monumental, que l’on peut admirer dans le Quartier-Haut (rue des Députés). Un portrait de Kase 2, l’un des pionniers du graff des années 80, est également visible sur un portail de la rue Frédéric Mistral.

Lors de l’édition 2012, K-Live a également eu la chance d’avoir un second artiste de renom, en la personne d’Alberto Vejarano, alias CHANOIR, un Franco-colombien qui fait parler de lui dans le monde du street-art depuis une dizaine d’années. En 1996,  il rentre de plein pied dans la culture post graffiti parisienne en créant son alter ego, CHANOIR. Il invente alors la métamorphose systématique de son logotype. Pour se différencier des autres street-artistes, il peint, graffe et dessine des Chas. Les œuvres d’Alberto s’attachent à la beauté anodine des choses de l’enfance. C’est le mur des halles de Sète qui accueille son œuvre principale (photo ci-dessus).

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